Le temps du recul

Le temps du recul

Grâce à Aurillac et à l’enthousiasme des programmateurs, un bel avenir semble promis à notre dernier spectacle La Fortune de Jeanne. De même, nous allons reprendre et faire un petit lifting à Sa Majesté Croûte de Riz à partir de novembre, puisqu’une dizaine de représentations se profilent dans l’année. Nous sommes heureux de cela, d’autant plus qu’il y a 4 mois, rien ne semblait se dessiner pour cette saison qui vient. Des bonnes nouvelles tardives, qui ne nous font pas oublier nos deux autres spectacles et en particulier Oubliée.

Je l’avoue, j’ai une affection immense pour cette histoire, ces marionnettes, ce spectacle. Un enthousiasme qui m’a sans doute empêché très longtemps de voir ses défauts. Nous avons décidé de le présenter au festival de Charleville-Mézières, à la fin du mois, pour tenter de lui donner une nouvelle visibilité. Quitte ou double donc. Ca plaît et c’est reparti, ou bien ça ne convainc pas et c’est fini. Mais l’envie de le défendre est telle que je crois en ses chances.

Je mes suis donc replongé dans ce spectacle, en regardant la vidéo que je n’avais jamais eu le temps de regarder jusqu’alors. Enfin, après deux ans de course, nous avons ce temps précieux, indispensable, le temps du recul. Je regarde et je me rends compte : des lourdeurs, des maladresses, des incongruités qui font oublier l’essentiel. Qu’est-ce qui se joue pour Oubliée? Comment rendre au public cette émotion qui nous submerge quand nous voyons évoluer cette fragile marionnette? Comment retrouver la sensualité de cet être de bois, le naturel des premières présentations à Kasongan-Java?

Dans mon imagination, j’entreprends de décortiquer, de désosser, pour supprimer le superflu, lui redonner sa fraîcheur, sa spontanéité.

Tout est trop figé. En premier lieu la présence des marionnettistes : trop désincarnée par le maquillage, trop coupée du public par la rambarde du décor, cette frontière qui les sépare aussi de Kalima, pleine de candeur et chargée de frissons. Supprimer les maquillages, rapprocher les corps, les chairs, quitte à modifier un peu la disposition du décor.

Le récit est trop compliqué. La présence des clowns est motrice mais c’est un moteur qui s’enlise parfois. Simplifier, épurer, dire l’essentiel, seulement ce qui n’est pas montré. Enfin, mieux répartir l’interprétation, le choix de me faire interpréter les deux clowns étant sans doute mauvais. Laisser les énergies circuler entre nous trois, Kalima, Fred et moi, nous qui partageons cette même affection pour ce spectacle.

Cette semaine, nous partons à l’assaut du plateau, dans la salle des fêtes de Casseuil. Je veillerai aux changements du récit. Fanny sera là pour les modifications scénographiques. Fred reprendra le flambeau de défendre Groku, le clown à la voix trainante. Kalima affinera à peine sa partition, la musique étant l’atout fort de ce spectacle. Aurore sera là enfin pour nous conseiller sur la meilleure façon d’affiner ces changements de ligne. Et nous ferons tout pour qu’Oubliée puisse renaître, avec sa force, sa finesse et sa fragilité, dans toute sa beauté.

Représentation gratuite d’Oubliée remaniée samedi prochain, 7 septembre, 21h à la salle des Fêtes de Casseuil.

On espère vous y croiser.

***

Oubliée à Charleville-Mézières, c’est :

Jeudi 26 septembre à 20h30 et 22h : Conservatoire – TOUT PUBLIC

Vendredi 27 septembre à 14h et 19h30 : Centre Social Ronde Couture – TOUT PUBLIC

Samedi 28 septembre à 10h et 14h : Centre Social André Dhotel – TOUT PUBLIC

L'affiche du spectacle par le talentueux Yan Moussu

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