L’arbre à souvenirs

L’arbre à souvenirs

Mercredi après-midi, nous avons joué dans l’herbe, à côté de l’école de Gironde-dur-Dropt. Le soleil était là et même un peu trop. Céline-la-fusée et Célia-la-jongleuse-aux-téléphones nous ont accueillis magnifiquement. Encore en sueur, on nous demande d’aller rejoindre les spectateurs à la médiathèque, où un goûter est offert à tout le monde. Nous découvrons une bibliothèque aux couleurs de l’Afrique, et dans un coin, un arbre, composé le matin même, au-dessus duquel est écrit « l’Arbre à Souvenirs ».

Cet arbre est pour nous : ses feuilles sont de petits mots, des dessins, des masques réalisés par tous les enfants du Réolais qui nous ont accompagnés pendant ces deux années d’aventures. Les enfants de Loupiac, de St-Hilaire, de Gironde, de Bagas et Loubens. Eux qui ont tous vus au moins deux de nos spectacles, eux qui nous ont accueilli six heures dans leur classe. Eux avec qui on a tissé une vraie petite relation pendant ces deux ans. Eux qui nous regardent avec admiration quand on les croise au supermarché !

Alors forcément, on est ému, touché, heureux.

Nous voilà au beau milieu de la tournée de La Fortune de Jeanne. Déjà 70 représentations de nos Histoires spectaculaires derrière nous, et encore 12 avant les Grandes Vacances. Alors on ramasse les souvenirs. À la maison, la petite étagère destinée à les accueillir est maintenant surchargée de dessins, de petits mots, d’un jeu indonésien et d’un jeu africain fabriqués par les enfants de Bassens, du DVD d’un spectacle d’ombres, d’une version illustrée de l’histoire d’Oubliée, de poèmes sur le Pérou – et j’en passe !

On fait des « au revoir », aussi. Quand on les adresse aux enfants, ils sont surpris, on dirait bien qu’ils se sont habitués à nous. On se rend compte aussi qu’ils sauront nous oublier bien vite – peut-être bien plus vite que nous. Quand on les adresse aux grands, à ceux qui nous ont fait confiance et accueillis, on se rend bien compte que notre émotion est partagée. Comme ça nous gêne un tout petit peu, on fait comme si on allait se revoir dans six mois.

Au milieu de tout ça, et avec tous ceux-là, la petite Jeanne construit sa fortune. Nous prenons un très grand plaisir à l’y aider. Aujourd’hui, les deux représentations scolaires ont été très belles, pleines de fougue et de folie, de plaisir et d’enthousiasme, de sueur et de rires, sous un soleil quasi-togolais. Les enfants ont été avec nous comme jamais et ça nous fait du bien, après quelques représentations qui ne nous avaient pas complètement satisfaits.

Les journées sont bien chargées, mais on s’y trouve bien, tous les trois : les trajets en camion, les chargement-déchargements-montages-démontages, les marionnettes qu’on sort de leurs cantine, Simon qui accorde sa Kora, un déjeuner à la cantine (ou un pique-nique ou un bon restau trop copieux), les ateliers volants, les discussions avec les enseignants, les retours des enfants sur tous les spectacles, les pauses-café, le réveil qui sonne très tôt, les explosions de la Mémé et les hurlements des singes, l’apparition d’Ogoa et le chant du pêcheur …

Mais quand une ou deux journées « off » arrivent, on sait aussi les apprécier !

Ce soir, c’est vendredi soir, le soleil se couche, Simon est rentré chez lui, et je regarde le paysage en pensant à la belle semaine qui vient de s’achever et à la belle semaine qui s’annonce. D’ici-là, c’est le week-end, et j’ai bien l’intention de regarder mes arbres pousser …

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