Gbalavé… toyo, toyo !

Gbalavé… toyo, toyo !

Semaine de relâche. Sur le plan professionnel bien sûr, mais pas de repos pour les braves. Au programme : cinq jours dans un village togolais, Gbalavé. Yoguebé nous a organisé une semaine de visite dans ce village pour rencontrer des musiciens et profiter de la belle région de Kpalimé. Lexique d’impressions au retour.

Chef :

Quelle est la première chose à faire quand on arrive dans un village pour quelques jours ? Bien entendu, aller rencontrer le chef. Nous n’avons donc pas échappé à la règle, et avons fait la connaissance du chef Agodzejo Koffi Adonko. Un chef jeune (45 ans à peu près), « appelé par le trône » il y a seulement un an, et qui en a profité pour mettre un terme à une carrière militaire de 25 ans. Fort caractère, qui parle aussi très fort, excellent musicien et compositeur (selon ses dires, on n’a pas vérifié), et n’ayant passé que deux ans de sa vie dans ce village depuis sa naissance. Nous l’avons croisé chaleureusement à plusieurs reprises durant le séjour. C’est lui qui est en charge principalement de régler les conflits dans le village.

Chèvres, chat et chauves souris :

On en croise partout, sur la route, dans les cours. Des chèvres toutes petites bien sûr, aux bêlements variés. On s’amuse de leurs cris et de leurs peurs. Et très vite, on ne les entend plus. Il n’en va de même avec le coq, qu’on aurait envie de manger pour qu’il arrête de nous réveiller. Et des chauves-souris, qui se sont glissées sous la toiture, juste au-dessus de nos lits, et font un vacarme d’enfer le soir. Mais qui par leur appétit nous épargnent des moustiques la nuit. Enfin il y a un chat, un chat minuscule dans la maison, que nous voyons bien sûr aux seuls moments des repas. Même caractère que chez nous donc, mais beaucoup plus petits. Les chats togolais paraissent des bébés chats.

Eau :

Méfiance, réjouissance. Deux sentiments qui alternent rapidement au sujet de l’eau. Car c’est d’abord l’eau des cascades où nous pouvons nous baigner, l’eau de la pluie qui rafraîchit l’atmosphère. Mais c’est aussi l’eau du puits dont nous devons nous méfier pour ne pas tomber malade (ce qui n’a pas manqué d’arriver). Ici on boit de l’eau filtrée vendue dans un emballage type berlingot. Et puis contre les idées reçues, nous avons été fortement incités à dépenser plus d’eau du puits pour nos douches. Eh oui, ici on ne manque pas d’eau, il faut l’utiliser !

Famille :

De la grand-mère au cousin en passant par l’oncle et le mari de la sœur, on a vu tout le monde. Mais on n’a pas tout retenu des liens familiaux. Nous avons logé chez Samuel et Justine qui nous ont reçus comme des rois, entourés de l’attention de leur deux fils Mathias et Marius, et régulièrement salués par différents membres de la famille de passage pour croiser les Yovos.

Folklore :

But de notre visite, le groupe folklorique de Gbalavé. Une énergie formidable qui s’est déployée dès le soir de notre arrivée pour nous souhaiter la bienvenue et s’est renouvelée sous le cadre magique de l’arbre à palabre le jeudi suivant. On a filmé, on a battu des mains et des pieds, on a dansé, et on a volé quelques chansons pour notre spectacle. Promis, on va vous faire le Toyo Toyo !

Fufu :

Découverte de la semaine, le plat national. Une pâte à base d’igname, sorte de purée consistante servie avec une sauce à base de tomate. Avec les doigts bien sûr, c’est meilleur ! On a aussi mangé des tas de produits locaux naturels : avocat, manioc, bouillie de riz, etc. A chaque fois, un plat unique en quantité raisonnable, pour cuisine typiquement locale.

Palmier :

Le roi des plantations. Les régimes de noix, c’est pour l’huile de palme bien sûr, on consomme aussi les graînes, l’écorce sert de combustible, la sève, on en fait du vin de palme en plaçant un bidon sous l’arbre couché. On peut même le retrouver sous forme de savon !

Portefeuille :

Côtés positifs, côtés négatifs. On pèse le pour et le contre et c’est bien sûr le positif qui l’emporte. Mais il faut parler quand même un peu de l’autre côté des choses. Ici, le Yovo représente la richesse. C’est Yovo-portefeuille. Il n’est donc pas rare qu’un taxi essaie de nous faire payer très cher, qu’un enfant s’approche de nous en demandant « Cadeau », qu’un des membres de la famille qui nous accueille demande un ordinateur pour son fils, quand pour la fille d’un autre c’est un appareil photo, ou une batterie pour le groupe du village. Et puis quand on rentre à Lomé, chacun nous demande ce qu’on lui a rapporté, jusqu’à un inconnu très chic qui me demande 50 francs pour acheter de l’eau. Ca peut devenir pesant. Ni Frédéric ni moi n’avons jamais ressenti ça de façon aussi forte dans aucun pays, mais bon, on prend du recul et parfois on évite, parfois on explique qu’on n’est pas riche.

Prénoms :

Au palmarès des prénoms désuets chez nous, et incarnés avec jeunesse et charme ici : Yvette, Maurice, Ezechiel (sosie d’un petit Abel que je connais en France), Jeannette… Et puis nous avons aussi nos alters egos togolais : le petit garçon François, la grand-mère Cécile (notre amie Cécile nous accompagne) et les multiples Simon, Simone et Simon qu’on prononce Simone.

Protocole :

On ne le savait pas, on nous l’a très vite appris. Quand on va chez quelqu’un pour le saluer, il faut d’abord… ne pas le saluer. On s’assoit gentiment sur un banc, et une fois que tout le monde est installé, on se relève pour faire une ronde des poignées de main. On a appris également quelques mots de politesse en éwé qu’on essaie de caser correctement. Ensuite on boit un petit de verre de…

Sodabi :

Eh oui, c’est l’alcool local, distillé à partir de vin de palme. Il paraît qu’il peut atteindre 100° d’alcool. Hum… On le boit dans un petit verre qu’on boit cul-sec et qu’on fait tourner ensuite.

Solitude :

Ca n’existe pas. En tout cas, pas ici. Toujours quelqu’un avec soi, jamais seul. Très convivial mais parfois aussi un peu étouffant. Les échappées sont difficiles. Mais on est là pour peu de temps, et on profite des gens jusqu’au bout.

Touristes :

Pas vu beaucoup, et pourtant Kpalimé est la première région touristique du Togo. En gros, on a dû croiser une vingtaine de Blancs dans la semaine. C’est dire l’état du tourisme au Togo.

Turista :

Inévitable en même temps qu’imprévisible, elle a cueilli Simon dans la nuit de dimanche à lundi, pour le lâcher en milieu de semaine et s’attaquer à Cécile vendredi. La faute sans doute à la nourriture lavée avec de l’eau non purifiée… Nous devenons rapidement de pauvres petits Blancs fragiles qui devons nous gaver de médicaments. Fred et moi semblons plus robustes sur le sujet (l’expérience des voyages ?), mais une otite insistante me poursuit, et difficile d’éviter les courants d’airs sur les taxis-motos.

Végétation :

Luxuriante, foisonnante, étonnante. Premières places pour l’avocatier (on ne savait pas que ça poussait dans les arbres, les avocats !) et bien sûr l’arbre à calebasse.

Week-end :

Après une telle expédition, 24h de repos total préconisé ! Sur l’ordonnance : siestes, baignades, lecture, jeux de cartes, rhum et poissons braisés. Pour repartir requinqués pour la création du spectacle.

Yoguebé :

Notre ami et guide grâce à qui nous avons pu vivre cette semaine riche en sensations. Merci !

12 Comments

  1. les rôles sont inversés, vous êtes au Togo et je suis chez vous pour la semaine, rentrant de paris je viens me ressourcer dans votre maisonnette, arroser le cactus prendre soin du lieu, lui donner des bonnes vibrations, pour votre retour, cet article est magnifique et très complet, sensation d’être d’être tout près de vous…demain soir, je dîne ici avec Camille P. je pense que vos oreilles vont siffler…
    je vous embrasse chaleureusement, à très bientôt.

    k

  2. La vie à Gbalavé est certes écologique : pas de WC, pas d’eau courante, pas d’électricité, mais nous enfants du Cassiot nous n’aimerions pas vivre dans ces conditions,une bonne douche bien chaude et notre petit confort nous manqueraient.

    Maryne et Gabrielle
    A bientôt.

    • Maryne et Gabrielle, regardez la réponse que j’ai faite à Sarah et Lou !
      Je vous assure que ces conditions de vie ne sont pas si difficiles ! Il y a une belle ambiance, une grande solidarité et beaucoup d’entre-aide entre les gens. Et je vous assure que c’est mieux qu’une douche chaude !
      Amitiés
      Frédéric

  3. Bonjour,
    Les bonnes habitudes françaises ne vous manquent-elles pas ?
    De prendre des bons bains moussants, de regarder la télévision, de manger de bons repas chauds.

    Clara & Lou

    • Clara et Lou, votre question nous a beaucoup fait rire !
      Chez moi, en France, je n’ai pas de baignoire (donc pas de bain moussant !), ni de télévision. Alors, non, je dois dire que ça ne m’a pas du tout manqué. Et puis vous savez, un bonne douche bien froide fait beaucoup de bien, au Togo où il fait si chaud.
      Et puis, est-ce que vous pensez vraiment que regarder la télé est une « bonne habitude » ?
      Quant aux bons repas chauds, nous en avons eu plein ! On a très bien mangé au Togo. Il y a bien sûr quelques recettes qui ne nous ont pas plu, mais globalement, on a beaucoup aimé la cuisine togolaise !
      On en reparlera quand nous nous verrons.
      Amicalement,
      Frédéric.

  4. bonjour,
    le Fufu est il bon?
    les routes sont elles faites en pierre, gravier, goudron,…?
    les écoles étaient comment?
    nous trouvons que la nature est belle.

    Nina et Marie.

    • Bonjour les filles,
      Moi, j’ai adoré le Fufu ! Mais un peu moins la sauce gluante qui l’accompagnait …
      Les routes principales sont en goudron, mais l’immense majorité des autres routes est en sable-poussière : on appelle ça des pistes.
      Nous ne sommes pas vraiment rentrés dans les écoles. Mais, vues de l’extérieur, elles ont l’air chouettes. Les enfants sont joyeux et portent l’uniforme. Je crois qu’il y a beaucoup plus d’élèves dans une classe togolaise que dans une classe française.
      Et c’est vrai, la nature est belle. Mais malheureusement, nous n’en avons pas beaucoup profité, puisque nous avons passé la quasi totalité de notre séjour en ville.
      A très bientôt,
      Frédéric

  5. Bonjour nous sommes étonnés d’apprendre que les avocats poussent sur des arbres et nous découvrons plein d’informations intéressantes? C’EST FORMIDABLE.
    Question d’hygiène : Est-ce qu’en recouvrant vos besoins vous en retrouvez d’autres!+?=!?
    Question nature : Est-ce que vous avez vus d’autres animaux à part des chats, chèvres et chauves-souris????
    Et nous réfléchissons toujours à ce que veut dire :
    « Plus le singe monte haut plus on voit ses fesses »
    mais Montesquieu a écrit un proverbe semblable.

    Yon et Robin.

    • Yon et Robin bonjour !
      Non, et heureusement, nous n’avons pas trouvé d’autres « besoins » !!
      Nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux « exotiques ». Il faut dire que nous n’avons pas beaucoup passé de temps dans la forêt. Nous avons par contre vu beaucoup d’animaux plus communs : chèvres, moutons, vaches, poules, oiseaux, cochons, poissons et même un singe (mais il n’était pas en liberté).
      Quant au proverbe, je vous laisse encore réfléchir (vous devriez trouver !). On en parle quand nous nous verrons.
      A bientôt
      Frédéric

  6. Bonjour,

    je me presente, je m’appelle Clementine. je suis tombee sur votre site tout a fait par hasard en faisant des recherches sur le village de Gbalave. J’y ai en effet sejourne 4 mois du mois de novembre 2012 a fevrier 2013 pour y effectuer un stage sur l’agroforesterie dans le cadre de mes etudes. Ca a ete une experience formidable. Je connais bien le chef du village et Samuel. Et ca me fait plaisir de voir des photos du village et de ses habitants. Je n’ai qu’une seule envie, y retourner pour y revoir ma petite famille et tous mes amis.

    Voila, c’etait juste en passant, un petit mot sur la toile.

    Tres bonne continuation,

    Clementine

    • Bonjour Clémentine,
      en effet ils nous ont beaucoup parlé de toi, on est arrivé trois jours après ton départ.
      Et nous ne sommes restés qu’une semaine, ils ont trouvé ça très court, tu les avais habitués à mieux.
      En tout cas, tu leur manquais déjà. J’espère que tu auras l’occasion d’y retourner prochainement.

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